mardi 23 novembre 2010

La révolte des assistants familiaux, travailleurs précaires, méprisés, sous payés

Le travail des familles d'accueil est de plus en plus compliqué car les enfants que nous accueillons présentent de plus en plus des troubles importants du comportement. Nous sommes passés -sans supplément de salaire-, de l'accueil social à l'accueil thérapeutique, ce qui n'est pas vraiment le même travail, nécessitant une formation, des compétences voire des équipements supplémentaires.
Bien que parfaitement consciente de cette nouvelle donne, la direction affiche à notre égard un comportement de plus en plus antisocial, en rognant régulièrement sur nos acquis sociaux et en pratiquant une lecture très "arrangeante" du code du travail.
Entre la suppression des majorations pour travail les dimanches et jours fériés et le non paiement des RTT, c'est près de 18°/° de notre salaire pourtant déjà très bas que nous avons perdu.
Nous sommes non seulement méprisés et dévalorisés, mais en plus on nous impose des conditions de travail dignes de l'époque féodale. Notre vie privée est bafouée, on peut nous refuser "pour raison de service" de prendre nos congés payés. Pour les mêmes raisons, on peut cependant nous mettre en congé d'office. Le décompte des congés est tel (et nos nombreuses lettres recommandées demandant des explications à ce sujet sont restées sans réponse ,c'est dire l'intérêt qu'on nous porte) que certains d'entre nous se retrouvent même en fin d'année à devoir de l'argent au conseil général alors qu'ils n'ont pas pris la totalité de leurs congés payés !
De qui se moque-t-on ?
Nous sommes épiés dans notre vie privée. Obligés par exemple de signaler à notre service le séjour de plusieurs jours d'un parent à notre domicile. Oui, vous avez bien lu, nous sommes contraints de prévenir le service pour recevoir des membre de notre famille dans notre propre maison...
Certains travailleurs sociaux vont même jusqu'à demander à des assistants familiaux de vérifier les habitations des membres de leur famille chez qui ils se rendent avec les enfants accueillis. Peut-on aller plus loin dans la vie privée des salariés ? Ou dans la privation de vie ? Va-t-on également exiger des cinémas, théâtres,médiathèques où nous accompagnons les enfants qu'ils soient agréés ? Des restaurants ? Des magasins ?
Et pourtant, quand certains enfants sont en crise et qu'il y a de la casse au niveau de nos équipements ou bâtiments, qui paie ? L'assistant familial bien sûr. Encore et toujours.
Nous en avons assez du servage.
Nous réclamons :
- le paiement de toutes les heures de travail effectuées  dans la journée
- une indemnite pour les astreintes (la nuit)
- le rétablissement de la majoration pour travail le dimanche et jours fériés
- le versement d'une prime d'ancienneté
- la revalorisation de nos salaires (actuellement 4h/smic/jour/enfant, dégressif à partir du second enfant)
- le maintien du salaire en cas d'attente d'enfant à placer
- un supplément de salaire pour les titulaires du DEAF et VAE
- le maintien de majoration de sujétion pour l'accueil d'enfants particulièrement difficiles afin d'arrêter de sanctionner financièrement l'assistant familial, qui par la qualité de son travail, a permis l'amélioration de situations au départ très complexes. Nous sommes en quelque sorte pénalisés d'avoir fait un excellent travail, c'est un comble ! Ailleurs on donne des primes, ici on retire une part du salaire...
- le versement d'une prime annuelle pour renouvellement de matériel inhérent à l'accueil et/ou la réparation et l'entretien de nos locaux prêtés gratuitement à l'ASE
- l'arrêt de la mise en congé d'office
- la prise des congés payés commes tous les autres salariés
- le droit au repos hebdomadaire pour ceux qui le souhaitent
- une reconnaissance de la pénibilité et parfois de la dangerosité de notre métier (insultes, menaces, agressions...)
- le respect de notre vie privée.

Nous avons déjà exposé maintes fois l'ensemble de ces revendications à notre direction.
Actuellement, il ne se passe pas un jour sans que notre syndicat soit sollicité  par des collègues dont les droits élémentaires ne sont pas respectés et qui nous appellent au secours.
Dans nos services, le manque de respect et la dépréciation sont monnaie courante.
Nous en avons assez.
Nous ne nous contenterons plus de beaux discours et de sourires crispés. Nous allons dans les prochains jours porter au président du conseil général une pétition signée par un grand nombre d'assistants familiaux. La qualité de notre travail et la souffrance des assistants familiaux face à ces conditions de travail dégradées et dégradantes doivent être prises en compte et les humiliations, le manque de respect et la précarité doivent cesser.

Nous attendons un message fort, un message social adressé aux travailleurs sociaux que nous sommes et que nous sommes en droit d'attendre d'un service social.

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